Club Alpin Belge
Le Club Alpin Belge® et les rochers des Grands Malades

Dès 1930 ...

Dans le bulletin du CAB de l'année 1930 (Tome VII, n° 19 et 20 - juin, septembre 1930) parut un article ayant pour titre "L'alpinisme sans les Alpes" ou "Comment s'entraîner à l'escalade des hautes cimes dans les pays sans montagnes".

Partant du principe que "Tout le monde ne dispose pas annuellement de loisirs, ni de moyens de séjourner longuement au loin, de manière à faire connaissance graduellement avec le rocher et le vide (montagne) et par une sage préparation de s'adapter aux conditions d'une existence pour le moins anormale", un groupe d'animateurs du CAB, à l'instar de ce qui se pratique déjà depuis quelques années en France et en Grande-Bretagne s'était fixé le programme suivant :

1°. Explorer méthodiquement les sites de nos Ardennes et repérer sur le terrain les passages intéressants, après les avoir dégagés des obstacles dus à la végétation ainsi qu'à la pierraille croulante susceptible d'occasionner des accidents aux cordées nombreuses. Ce travail est déjà très avancé : au bord de la Meuse, de Marche-les-Dames à Waulsort, six stations ont été examinées, dont trois déjà parcourues en tous sens, prêtes pour l'action attendent les visiteurs. Moins accessibles, mais ne le cédant en rien par l'intérêt du rocher ni par le pittoresque du lieu, sont encore les sites de Chaleux, au bord de la Lesse entre Walzin et Furfooz, du Hérou sur l'Ourthe, et, tout récemment exploré, de la Roche à Frêne, près de Bomal …

2°. Décrire le résultat des explorations au moyen d'une suite de monographies que le Bulletin publiera désormais régulièrement en les accompagnant chaque fois de clichés et de croquis. D'ici deux ou trois ans, nous croyons que la série sera suffisamment complète pour publier un Guide des Rochers de Belgique capable de fournir aux amateurs, avec croquis à l'appui, tous les renseignements utiles à connaître avant de se transporter sur place.

3°. Enfin - last but not least - former sur divers points du pays des noyaux s'intéressant à l'alpinisme ainsi compris et dans lesquels les plus adroits, après une expérience suffisante, serviront de chefs de file à leurs camarades ou aux nouveaux. Nous ne nous cachons pas la difficulté de cette troisième phase, pourtant la plus essentielle du programme. Elle réside tout entière dans l'activité dévouée et intelligente de trois ou quatre animateurs qui se révéleront disposés à consacrer le meilleur de leurs loisirs, d'abord à l'initiation sur le terrain, puis au maintien des liens naissants que ne manqueront pas de susciter les premières expéditions communes.

Premières escalades.

C'est M. Nicaise qui repéra et ouvrit les premières voies d'escalade et ce, dès juin 1929. Deux autres itinéraires furent combinés et réussis ultérieurement, l'un par J. Dubois, l'autre par X. de Grunne.

Et le Club Alpin Belge® devint propriétaire des rochers.

Au cours des années 80, l'attention de quelques grimpeurs namurois se focalisa sur les rochers des Grands Malades. Des recherches furent entreprises, d'anciens ouvriers des carrières retrouvés. Mais sans plus, la situation était complexe, d'autres projets les attiraient. Lorsque le CAB décida d'acquérir un bâtiment pour y transférer son administration, le hasard voulut que ce soit à proximité des rochers des Grands Malades.

Étonnant retour de l'histoire puisque les premiers rochers à recevoir la visite des grimpeurs des années 30 furent cet ensemble étrange d'aiguilles et de murailles.

Ces rochers n'avaient plus fière allure étant sur le point de disparaître sous une végétation luxuriante et ainsi ne tentaient plus grand monde.

En avril 1999 commencèrent les formalités qui nous permirent début mars 2001 de signer l’acte d’acquisition. Depuis lors, le site a été sécurisé et équipé pour en faire une vitrine de l’escalade.

L'équipement des rochers consiste en une soixantaine de voies d'escalade qui sont surtout concentrées en face Nord.
Le tout gros travail d'équipement des voies a été réalisé par le tandem Georges Bourdon et Philippe Godart alias David qui ont conçu et ouvert à eux seuls une trentaine d'itinéraires, le reste étant l'oeuvre de Didier Leser, André Hediger, Jean-François Roba et Koen Hauchecorne. Tous ont oeuvré en bénévoles.
La via ferrata a été construite par des professionnels.
 
Le tracé de cette via ferrata évite systématiquement les crêtes qui sont d'un grand intérêt botanique.