Retour sur 2017 : "Ma première finale en Coupe du Monde… à Chamonix !"

Retour sur 2017 : "Ma première finale en Coupe du Monde… à Chamonix !"

Ma première finale en Coupe du Monde… à Chamonix !

Loïc Timmermans
 
Je ne pouvais rêver d’un endroit plus magique que Chamonix pour réaliser ma première finale en Coupe du Monde. C’est certain, ce jeudi 13 juillet 2017 restera gravé dans ma mémoire ! J’aimerais partager avec vous le chemin que j’ai parcouru pour y arriver ainsi que la compétition en elle-même. 
 
 
Le cheminement
 
Ma première Coupe du Monde remonte à 2011 quand j’avais 16 ans. Étant encore en catégorie « jeunes », l’objectif fut surtout d’engranger de l’expérience, de me rendre compte du niveau international et de m’inspirer des meilleurs grimpeurs. Mais quelque part, l’envie de pouvoir rivaliser et atteindre ce niveau est déjà fixé dans un coin de ma tête.   
 
À la fin de mes humanités, je suis déterminé à concilier sport et études parce que les deux me passionnent. J’adore l’escalade et l’idée de repousser sans cesse mes limites. Mais poursuivre des études m’a toujours paru important et j’aime bien l’idée de continuer à s’instruire. De plus, je suis convaincu que le sport peut avoir un impact positif sur les performances académiques et inversement. Je transpose d’ailleurs quotidiennement des choses que j’apprends dans un domaine à l’autre. En 2014, je commence donc des études de droit pour un programme de 5 ans à l’UCL et, en 2016, je réussis mon bachelier (3 ans). Grâce au statut « PEPS » que m’a octroyé le service des sports de l’UCL, je bénéficie de certains avantages et cela me permet d’aménager mon horaire. Pour le reste, je passe les examens comme les autres étudiants.  
 
Après ce bachelier, je suis satisfait d’avoir mené de front ces deux emplois du temps chargés en ayant des très bons résultats dans mes études et des bons résultats en escalade. Mais j’ai le sentiment qu’il me manque ce petit quelque chose au niveau sportif.  
Mon niveau progressait chaque année mais pas de manière assez significative pour prétendre à des finales en Coupe du Monde. C’est pourquoi j’ai décidé d’alléger mon Master (2 ans) en le prolongeant d’une année. Après une année à ce rythme, je peux déjà dire que cela a été un réel changement dans mon entrainement. Le fait de se réveiller le matin en n’ayant qu’à penser à mon entrainement est une toute autre approche que de devoir s’entrainer après une longue journée de cours ! Je n’ai pas le sentiment de m’être entrainé beaucoup plus mais par contre je me suis senti beaucoup plus impliqué dans ce que je faisais. C’est donc avec beaucoup plus de fraicheur et très motivé que j’ai entamé la saison de compétitions 2017. 
 
Chamonix
 
Le début de saison de compétitions de difficulté 2017 s’annonçait très chargé avec quatre compétitions pour le seul mois de juillet. Les deux premières compétitions me mettent en confiance malgré que le résultat espéré ne soit pas au rendez-vous (11e au Championnat d’Europe et 21e à la première étape de Coupe du Monde). Mais je sais que la forme est là et il qu’il faut persévérer. 
 
Arrive alors l’étape mythique de Chamonix. Elle est mythique parce qu’elle réunit tous les passionnés d’escalade et de montagne depuis des années (à Serre-Chevalier auparavant) et parce qu’elle se déroule au pied du Mont Blanc avec un public juste énorme.
 
Après une journée de qualifications où les voies proposées se sont avérées bien trop faciles et où aucune erreur n’était permise, je me qualifie en première position ex-aequo avec 21 autres grimpeurs pour la demi-finale qui a lieu le soir-même. Malgré la fatigue, je suis très motivé à l’idée de grimper en soirée dans une ambiance déjà bien au rendez-vous ! Lors des 6 minutes de lecture pour la voie de demi-finale, je suis encore plus excité à l’idée de grimper tant la voie a l’air géniale. C’est donc avec beaucoup d’envie que j’entame cette voie et pas mal de détermination. J’enchaine les séquences de la voie sans trop de difficulté, avec ce sentiment que tout roule « comme sur des roulettes » et je tombe finalement à deux mouvements du top. Cela me propulse à la 2e place et à ma première finale en Coupe du Monde. Inutile de vous dire que j’étais super content ! 
 
Tellement excité à l’idée de grimper cette finale, je n’ai pas réussi à trouver beaucoup de sommeil cette nuit-là. Mais après une belle journée ensoleillée à profiter de l’ambiance montagnarde de Chamonix, j’étais prêt à en découdre.  
 
Après la présentation des finalistes, arrive le moment de la lecture de la voie de finale. Elle n’est pas très compliquée à lire mais me semble tout de même difficile. De retour en isolation derrière le mur, on attend donc chacun patiemment notre tour. Entendant tout ce qu’il se passe de l’autre côté, je comprends rapidement que la voie est trop facile avec déjà trois grimpeurs ayant atteint le sommet avant mon tour. C’était une situation pour le moins inhabituelle et étrange. D’un côté, j’étais excité à grimper dans ma première finale et de m’amuser. D’un autre côté, je me rendais compte qu’étant ex-aequo avec d’autres grimpeurs, je devais peut-être grimper vite car on serait départagé au chrono si je devais enchainer la voie également. Finalement, j’ai décidé de ne rien changer à ma routine et de faire comme d’habitude, c’est-à-dire de me focaliser sur la voie et rien d’autre. 
 
J’ai pris beaucoup de plaisir à grimper dans la voie et j’étais déjà content d’avoir su surmonter la pression. C’est vrai que la voie n’était pas assez difficile mais elle n’était certainement pas facile non plus (il y tout de même eu 4 chutes sur les 8 finalistes). Je tombe au dernier mouvement technique de la voie, ce qui me vaut une belle 5e place,  après avoir fait le plus dur mais je n’arrivais plus à pousser dans ma jambe. Alors était-ce d’épuisement, par peur de glisser ou par peur d’enchainer ? Je ne sais pas. En tout cas, je sais que j’ai pris du plaisir à grimper dans cette finale et qu’elle m’a surtout donné l’envie d’en grimper plus souvent ! 
 
C’était aussi sympa de pouvoir une fois rejoindre Anak Verhoeven en finale et de l’encourager dans sa voie avec l’équipe. 
 
J’aimerais remercier en tout cas toutes les personnes qui m’ont soutenu de près ou de loin, sur place ou derrière un ordinateur (vive le streaming gratuit !).  
 
Remerciements
 
Je voudrais remercier toutes les personnes qui me suivent et me soutiennent. Un projet sportif, c’est un athlète mais aussi et surtout un entourage motivé, compétent et infaillible. Je pense surtout à :
 
  • Christophe Depotter, mon entraineur depuis presque 15 ans ; 
  • Le centre Moovia, pour l’excellente préparation physique et suivi médical ;
  • L’Adeps et le Club Alpin Belge, pour leur soutien indispensable ;
  • Mes parents ;
  • Mes sponsors : Adidas Terrex, Five Ten, Petzl, Core Climbing.