« Il était une fois » ... ainsi commence les contes, et cest bien comme un conte que se lit la genèse de la plus haute chaîne de montagne du monde. Il était une fois ... dans la grande mer que nous appelons aujourdhui locéan Indien, une île immense qui se mit à voguer comme un gigantesque vaisseau en direction du continent eurasien. Ce périple prit fin il y a quelques 45 millions dannées lorsque la masse de lîle toucha la « terre ferme » avec laquelle elle forma un continent: lAsie.
Cette collision entraîna un mouvement
tectonique majeur et donna naissance à la plus haute chaîne de
montagne de la terre. Lorsque les hommes commencèrent à
sétablir dans ses hautes vallées, ils lappelèrent
Himalaya, du sanscrit « hima » et
« alaya », ou « séjour de la neige
éternelle ». Longue de 3.000 km, cette chaîne
sétend du nord du Pakistan à louest en passant par
lInde, le Tibet, le Népal et le Bhoutan à lest.
LHimalaya est une barrière naturelle qui détermine les conditions climatiques des régions environnantes. Il intercepte notamment les effets de la mousson venant du sud. Le versant nord se trouve ainsi à la limite de la sécheresse. Cest le côté tibétain constitué de hauts plateaux, de steppes impropres aux cultures et habité par une population nomade clairsemée. Sur le versant sud au contraire, les dénivellations sont considérables, la végétation luxuriante et la densité de population est extraordinaire, même dans les régions montagneuses.
Comme dans toutes les chaînes de montagnes, il existe différents étages bioclimatiques mais les limites sont sensiblement plus élevées que celles observées notamment dans les Alpes. Les forêts se retrouvent jusquà 3.700 mètres environ tandis que la limite des neiges éternelles grimpe jusquà 5.000 mètres.
En hiver (de décembre à mars), outre la neige et le froid intense, lHimalaya est exposé à linfluence des forts vents douest dont les vitesses vertigineuses font généralement échouer les ascensions des sommets de 7.000 mètres ou plus. Ensuite, dès la fin du mois de mai, lInde et lHimalaya se trouvent dans la zone des vents tropicaux venus de lest. Cest la période de la mousson au cours de laquelle il est également impossible dentreprendre des ascensions car les pluies abondantes rendent la progression extrêmement difficile dans les hautes vallées: les nuages barrent toute visibilité et les chutes de neige sont importantes à partir de 5.500 mètre environ.
Les périodes favorables pour lalpinisme sont donc relativement courtes, du moins sur le versant sud de la chaîne himalayenne; elles précèdent la mousson (de mi-mars à début juin) ou la suivent immédiatement (de mi-septembre à début décembre).
Mais lHimalaya nest pas seulement une terre fertile pour les exploits sportifs. Cest aussi une terre vivante, habitée par des populations appartenant à diverses ethnies, essentiellement hindoues sur le versant sud et sino-tibétaines sur le versant nord.
Géographie
Situé sur le versant sud de lHimalaya, les 147.000 km² du Népal sétendent tout en longueur (800 km de long sur 90 à 260 km de large) entre lInde au Sud et la province autonome du Tibet au Nord. Le pays se divise en trois zones principales:Le Teraï - plaines de terre fertile de 30 km de largeur qui couvre tout le sud du territoire dont il couvre 17% de la superficie.
Le Mahabharat - zone montagneuse de 16 kilomètres de large en moyenne dont laltitude varie de 1.500 à 6.600 mètres. Les sommets sont en général couverts de forêts tandis que les vallées sont cultivées en terrasse et abrite les villes principales du pays. Cette zone représente 64% de la superficie totale du Népal.
LHimalaya - 1/3, soit 800 kilomètres, de cette gigantesque chaîne de montagne se trouve au Népal. On y dénombre pas moins de 250 sommets de plus de 6.000 mètres dont 14 culminent au delà de 7.600 mètres et 8 font plus de 8.000 mètres (il ny a que 14 sommets de plus de 8.000 mètres dans le monde)! Ce sont:
le mont Everest (8.848 m)
le Kanchenjunga (8.586 m)
le Lhotse (8.516 m)
le Makalu (8.463 m)
le Cho Oyu (8.201 m)
le Dhaulagiri (8.167 m)
le Manaslu (8.163 m)
lAnapurna (8.091 m).
La chaîne de lHimalaya nest pas continue mais on y trouve au contraire de profondes entailles. En altitude, ces vallées sont occupées par dénormes glaciers, plus particulièrement à lest du pays dans les régions du Khumbu et du Barun. Plus bas, prenant naissance dans les glaciers, surgissent quelques grands fleuves tels que la Kaligandaki qui prend sa source dans la province du Mustang, sépare le Daulaghiri des Anapurnas et finira par se jeter dans le Gange, la Dudkhosi qui naît de la fonte des glaces au pied de lEverest.
Le Népal se situe à une latitude équivalente à celle du Caire ou du Golfe du Mexique. Les conditions climatiques y sont différentes dune région à lautre: en été, la température peut atteindre les 40° dans le Teraï tandis quà Kathmandu (1.300 m) elle varie entre 19 et 27°. A Namche Bazar (3.450 m), capitale du pays Khumbu, il fait entre 8 et 16° lété et entre -8 et 7° lhiver.
Populations
On compte près de 18 millions dhabitants au Népal répartis en une mosaïque de tribus vivant des conditions très différentes depuis les plaines tropicales près de la frontière indienne jusquaux hautes vallées de lHimalaya où certains habitent à près de 4.800 mètres daltitude.
| Dorigine tibétaine, les Sherpas résident dans
les montagnes à lest du Népal; leur point de
ralliement est Namche Bazar, petite ville située dans la
vallée du Khumbu à 3.400 mètres. On retrouve dans le Mahabharat un grand nombre dethnies différentes comme les Tamang et les Gurungs qui sont du type mongol, ou les Newars qui sont Indo-Ariens. Conséquence de cette diversité, les langues et dialectes pratiqués au Népal sont très nombreux, entre 25 et 100 suivant les sources. On distingue toutefois deux groupes principaux: les langues basées sur le Sanskrit dune part auquel est associé la langue « Nepali » de plus en plus pratiquée et le Tibéto-Birman dautre part. En outre, langlais est pratiqué assez couramment, du moins dans les zones touristiques. |
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Une autre caractéristique du Népal est sa profonde religiosité. Deux grandes religions y cohabitent avec harmonie, lhindouisme et le bouddhisme, ce dernier étant plus répandu dans les hautes vallées ou lon trouve de nombreux temples et monastères. A chaque pas, que ce soit en ville ou à la campagne, le visiteur découvrira des signes de dévotions, depuis des temples majestueux jusquau simples drapeaux de prières accrochés sur un monticule de pierre. Lalpiniste est donc tout naturellement appelé à laisser à la consigne sa culture occidentale trop pragmatique pour effectuer une démarche intérieure visant à « élever son âme » en même temps quil gravit quelques sommets enneigés.
Histoire
Avant lunification du pays vers la fin du 18ème siècle, lhistoire du Népal se réfère dhabitude aux événements qui se déroulèrent dans la vallée de Kathmandu. Les premiers habitants vinrent de lInde apportant avec eux le Bouddhisme. Cette religion fut ensuite exportée vers la Chine avec le développement des routes commerciales passant par le Tibet. Avec la dynastie des Mallas au 13ème siècle, débute un cycle de création et de désintégration successives de divers royaumes dont les trois principaux étaient ceux de Kathmandu, Patan et Bhaktapur.
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Cest finalement un roi Gorka, dun petit royaume indépendant au centre du Népal qui commença lunification du pays en 1768 après avoir coupé les routes commerciales de la vallée de Kathmandu et battu les Anglais qui avait été appelés à la rescousse par les monarques menacés. Des annexions successives permirent de constituer le pays tel que nous le connaissons aujourdhui et ce malgré les deux géants qui lentourent: la Chine et lInde. Les conflits les plus sérieux opposèrent précisément larmées népalaise à la Compagnie des Indes à propos des territoires du Teraï. |
Bien quayant infligé de lourdes pertes aux armées britanniques, le Népal dut finalement concéder une zone située à louest de la rivière Mahakali qui devint ainsi la frontière officielle entre les pays à la suite dun traité signé en 1816. Il est important de souligner toutefois que le Népal ne fût jamais colonisé par une puissance étrangère et ceci lui permit de conserver intactes la plupart de ces traditions ancestrales. Ces derniers furent dautant mieux préservées que le pays adopta ensuite une politique très restrictive en ce qui concerne laccès au territoire national et ce au moins jusquà la fin de la grande dynastie Rana (1846-1951) lorsque samorça le processus de démocratisation.
Aujourdhui, le régime népalais est une monarchie constitutionnelle avec le roi Birendra Bir Bikram Shah Devi intronisé en 1975 à lâge de 30 ans.
Economie
Léconomie népalaise est essentiellement basée sur lagriculture qui occupe environ 80% de la population et produit 46% du produit intérieur brut. Les produits des cultures alimentent essentiellement les marchés locaux en raison notamment du manque de moyens de communication: 8.000 km de route dont 3.000 seulement sont macadamisés (ce qui est en soi un exploit dans un pays couvert au trois quart de montagnes). Le Népal exporte relativement peu, essentiellement des produits dartisanat et des plantes aromatiques) et la balance commerciale est donc chroniquement déficitaire à cause des importations de produits manufacturés.
Les paysans népalais rivalisé dingéniosité au cours des siècles pour pouvoir exploité les terres accrochées à flanc de montagne; les cultures en terrasse offrent aux visiteurs un spectacle grandiose. Mais avec laccroissement de la population dune part et lafflux de touristes dautre part, un nouveau péril menace le pays: lérosion contre laquelle des mesures drastiques commencent à être prises dans certaines régions.
Les ressources naturelles et culturelles attirent toutefois de plus en plus de visiteurs et, depuis louverture du pays aux étrangers, le nombre de touristes est passé de 6.000 en 1962 à environ 345.000 en 1995 (dont plus dun tiers de visiteurs en provenance de lInde). Cette nouvelle activité commerciale génère des ressources non négligeables estimées à environ 5% du PNB.
En 1994, 326.000 touristes ont visité le Népal; 77.000 dentre eux, soit 23%, ont demandé un permis de trekking pour pouvoir circuler dans les hautes vallées de lHimalaya. Les régions les plus visitées sont lAnapurna (45.000 permis), le Khumbu (13.500 permis), lHelambu et le Langtang (8.000 permis) tandis que les plus protégées sont le Mustang (800) et le Manaslu (500).
La même année, 105 permis ont été délivrés pour des sommets de 7.000 mètres ou plus, soit un total de 700 grimpeurs (qui représentent donc 1% des trekkeurs et 2 pour mille touristes).
Pour plus dinformations, les lecteurs « branchés » consulteront le très beau site du Ministère Népalais du Tourisme
Parc national du Makalu Barun Himal
Le Népal compte 12 parcs nationaux et réserves naturelles couvrant une partie des hautes vallées himalayennes dune part et une zone du Teraï dautre part. En montagne, les plus connus sont ceux de lAnapurna, du Langtang et du Sagarmatha (Everest).
Inauguré officiellement eu 1991, le « Makalu Barun national Park and Conservation Area » est cogéré par une ONG (Mountain Institute) et létat (Direction des parcs et réserves naturelles).
Le but principal du parc est bien entendu de protéger les sites naturels mais aussi de le faire de manière acceptable pour et en collaboration avec les populations locales, sans négliger les possibilités de développement, entre autre dans le domaine touristique.
Dune superficie de 2.300 km², ce parc contient deux sommets principaux: le Makalu (8.463 m) et le BARUNTSE (7.200 m), plusieurs grandes vallées, dont celles du Barun et de lArun. Cette dernière, longue de 40 km, prend naissance au pied du Makalu à près de 6.000 mètres et se termine à une altitude de 435 mètres, offrant ainsi au parc toute une série détages successifs riches en faune et en flore diversifiées. Le haut des vallées, en raison notamment des dénivelés extrêmement importants, est relativement peu visité si ce nest par les gardiens de troupeaux et quelques rares alpinistes. La nature y est donc assez bien protégée et dune beauté exceptionnelle. Une zone du parc a dailleurs été désignée comme réserve naturelle stricte, la première au Népal, où personne ne peut pénétrer.
32.000 personnes habitent dans la réserve naturelle; ils y vivent essentiellement dune agriculture de subsistance, délevage et dexploitation forestière. Il sagit pour la plupart de communautés Rai pratiquant une religion primitive proche de la nature, et de Sherpas dans les plus hautes vallées, qui sont pour la plupart de religion bouddhiste.
Les entrées dans le parc sont surveillées et tous les étrangers doivent obtenir un permis de trekking pour y accéder (650 roupies). Il y est interdit de couper du bois ou des plantes et lusage du kérosène est obligatoire pour cuisiner ou chauffer de leau. Tous les déchets non périssable doivent être emporter par les visiteurs et déposés dans des containers prévus à cet effet aux limites du parc.
Il existe deux points daccès principaux au parc: lun part de Tumlingtar et mène au camp de base du Makalu en passant par Khandari (où se trouvent les quartiers de ladministration du parc) et Num; le randonneur y trouvera même quelque auberges (lodges) pour passer la nuit et se restaurer. Lautre porte dentrée est le petit village de Lukla à partir duquel on peut remonter la vallée de lInkhu, passer le col du Mera (Mera La) à 5.382 mètres et accéder ainsi à la haute vallée de lHonku et au Panch Pokhari au pied du BARUNTSE.
Les informations qui précèdent ont été tirée notamment à partir dInternet à la page suivante: http://www.south-asia.com/showcase/tour/pmakalu.html.
On trouvera aussi une description intéressante du « Trek Royal - la Haute Route du Makalu » dans le périodique « Ardennes et Alpes » de lAile Francophone du Club Alpin Belge, édition de juin 1997, page 13 à 28.