one|world project – première partie

one|world project – première partie

15 septembre 2008. Après avoir terminé mes études d’architecture, j’entame un tout autre projet. Ce qui n’était qu’un rêve lointain au départ est maintenant devenu réalité.
Aujourd’hui, les étudiants sont rentrés aux cours et moi je suis sur le quai de la gare du Midi. C’est le début de one|world project, je quitte Bruxelles pour l’inconnu. Cap à l’Est, direction la Russie, puis la Mongolie et la Chine. Après, on verra. L’important n’est pas la destination, mais le voyage.

Ma première étape m’emmène en Russie, à Moscou plus exactement où je prendrai le Transsibérien, ce mythique train qui traverse la Russie de part en part jusqu’en Mongolie et en Chine. Le voyage commence fort. Je suis à peine monté dans le train pour Moscou que c’est déjà le dépaysement. Le personnel est russe, ne parle pas un mot d’anglais et je suis seul dans ma cabine dans un train à moitié vide. Les 36 heures qui suivent risquent d’être longues !

Les premiers jours ne sont pas faciles, mais j’arrive sans trop de problèmes à Moscou. Il me faut toujours un peu de temps pour me mettre dans le bain quand je voyage. Je n’ai que 24 heures à passer à Moscou, car c’est déjà demain que j’embarque dans le Transsibérien. J’aurais voulu passer plus de temps en Russie, mais c’était sans compter sur les difficultés pour obtenir un visa chinois.

Les Jeux Olympiques de Pékin viennent de se terminer et la Chine a fortement durci ses conditions d’attribution de visa ces derniers mois. J’ai dû demander mon visa au Consulat de Bruxelles et je dois rentrer dans le pays dans le mois qui suit. A cause de tout ça, je n’ai que 3 petites semaines pour traverser la Russie et la Mongolie.

Pas de temps à perdre, donc me voilà parti pour 5 jours de traversée du plus grand pays du monde. Le train file à travers les splendides forêts de Sibérie. La traversée est rythmée par les nombreux arrêts en gare qui me permettent de me dégourdir les jambes et de refaire le plein de provisions.

Mes compagnons de route sont russes, allemands, finlandais, suédois ou encore chiliens. Je ne le sais pas encore, mais les rencontres que je fais ici vont considérablement influencer la suite du voyage.

Au matin du cinquième jour, le train fait son entrée en Mongolie. La gentillesse des douaniers mongols contraste avec la froideur des Russes. Le paysage change aussi. Les forêts et l’immense lac Baïkal ont fait place aux steppes qui s’étendent à perte de vue. Quelques heures plus tard me voilà dans la seule véritable ville du pays : Ulan Bator, la capitale. C’est une ville industrielle, vestige de l’URSS qui n’a rien de très accueillante, mais peu importe, l’intérêt du pays est ailleurs.

On connaît la Mongolie pour ses étendues désertiques et ses yourtes. Pendant 10 jours, je vais parcourir le pays en 4x4 russe avec Steffen et Tanja, deux Allemands rencontrés dans le Transsibérien. Je ne savais pas quoi attendre du pays, je n’ai pas été déçu ! Quel calme, quelles étendues. Les distances sont immenses et l’aventure à tous les tournants. Il faudra que je revienne !

Le contraste en entrant en Chine quelques jours plus tard est saisissant ! La sérénité mongole fait place à la frénésie chinoise. Pékin est une ville que j’ai beaucoup appréciée. J’y ai retrouvé Camilo, un Chilien vivant en Suède que j’ai rencontré dans le Transsibérien. Il me parle d’aller au Tibet. A vrai dire, mon plan initial était d’y aller, mais avec les Jeux Olympiques, les Chinois en ont interdit l’accès aux étrangers. Pour avoir mon visa chinois, j’ai donc dû changer mes plans et acheter un billet d’avion pour relier Hong-Kong à l’Inde et ainsi sortir de Chine. Des bruits courent qu’on pourrait de nouveau y entrer pour de courtes durées et en groupe. L’occasion est trop belle, tant pis pour mon billet d’avion. On décide avec Camilo de tenter notre chance.

Tout se met en place assez vite et, quelques jours plus tard, nous voilà à traverser le pays en train, entassés les uns sur les autres. A Xining, ma chambre donne sur le mur de Coupe du Monde d’escalade, belle coïncidence ! On retrouve notre « groupe organisé » ; en fait, deux autres voyageurs rencontrés sur la route : Martin, un Allemand voyageant à vélo et Reka, une Suissesse.

Guillaume Brumagne